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EST IL NÉCESSAIRE DE CONNAITRE SA CULTURE:A TRAVERS SA LANGUE?

« Je m’appelle Bond…James Bond ». Sortie de son contexte cette phrase parait bizarre, cependant pour tout cinéphile qui se respecte, cette phrase évoque à elle seule, un caractère culturel unique, qui fait référence à l’Europe en général, et à la Grande Bretagne, en particulier.

La Culture est un domaine très vaste que nous ne pouvons décortiquer avec minutie ici, l’aspect de la « Langue » attire néanmoins notre attention sur trois angles: la langue orale, la langue non verbale et entre autres la langue écrite.

LA LANGUE

Ce premier volet de notre dossier culturel sera dédié à la langue maternelle ou vernaculaire.

La Langue proprement dite est une association de signes permettant de  véhiculer un message. On peut distinguer la langue orale ou verbale, de la langue non verbale, c’est à dire celle qui permet de véhiculer des messages par des signaux. Ces différents langages se retrouvent chez tous les peuples.

On dénombre plus d’un millier de langues parlées dans le globe. Aucune langue Africaine ne figure parmi les 10 langues les plus parlées dans le monde, malgré le nombre d’habitants élevé dans ce continent. Ceci s’explique par le fait que la pluralité des peuples qui se sont regroupés en ethnies, et les grands mouvements migratoires qui les ont caractérisé, ont contribué en la création de différentes langues propres.

Les deux premières langues les plus parlées au monde sont le Mandarin et l’Anglais. En ce qui concerne la langue qui occupe la première position, contrairement au continent Africain où un grand nombre de personnes parle des langues différentes, en Asie un très grand nombre de personnes parle la même langue, à savoir le mandarin (en à Chine, Taïwan, au Singapour et en  Malaisie, environ 1350 000 000 de personnes). Pour ce qui est de l’Anglais, cela s’explique par la pression exercée durant les colonisations en Afrique, en Amérique, en Inde et en Australie.

Pour revenir au continent Africain, il y existe plus de 2 000 langues différentes les unes des autres. Les langues Africaines se classent selon leur origine:

  • Les Langues Afro-Asiatiques: parlées en Afrique du Nord
  • Les Langues Nigéro-kordofaniennes: parlées majoritairement en Afrique Centrale et une partie de l’Afrique du Sud
  • Les Langues Nilo-Sahariennes: parlées peu au Nord de l’Afrique Centrale
  • Les Langues Khoisanes: parlées majoritairement en Afrique du Sud

Les Langues les plus parlées en Afrique sont et restent le Haoussa et le Swahili, dont le nombre d’interlocuteurs est inestimable à cause de l’urbanisation à grande échelle que subissent les Villes et les Régions dans lesquelles elles sont parlées.

LA LANGUE ORALE

Une Langue subit des dégradations, plus l’on s’éloigne de la source. La source marquant l’origine et le départ d’une langue, d’une culture. Étant donné que l´Homme est un éternel migrant, il est appelé à être en contact avec d’autres cultures, d’autres langues. Ceci commence avec l’exode rural, du départ des campagnes pour les grandes villes et métropoles, et par là même, la rencontre avec de nouvelles cultures, de nouveaux codes. Une fois en ville, les langues parlées par ces anciens campagnards, encore appelées langues maternelles ou vernaculaires, subissent des pressions car on ne les utilise plus régulièrement comme au village où le quotidien le permet et favorise son application. Il faut désormais la remplacer par la langue officielle (selon le pays, ça peut être l’Anglais, le Français, l’Espagnol…), ou par la langue de l’ethnie prédominante. Alors on l’oublie petit à petit, au mieux, on l’entretient juste pendant des causeries familiales ou encore en milieux associatifs. Quand on a un bon attachement à ses racines c’est à dire son appartenance régionale et ethnique d’origine, il est très facile de maintenir cette langue en vie car on la pratique et l’utilise régulièrement. Par exemple tous ceux qui ont grandi dans les villes de Douala ou Yaoundé (au Cameroun), comprennent et/ou parlent les langues d’origine côtière pour la ville de Douala ( le Douala, le Bassa, le Banen…), et les langues d’origine Béti (le Bulu, l’Ewondo, l’Eton…), quand bien même ils ne sont pas originaires de ces deux villes.

Compte tenu du passé colonial qu’ont connu les pays Africains, les langues des anciens colons sont devenues les langues officielles, et ne reflètent pas la culture des individus qui y vivent, le sur-emploi des langues officielles polluent ou tendent à faire disparaitre les langues maternelles porteuses des cultures ethniques en milieu urbain. Le phénomène est encore plus accentué hors des frontières de son pays, pire continentales. Mais comment faire pour raviver sa langue hors de ces frontières?

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Le développement du monde Informatique et l’arrivée des réseaux sociaux (whatsapp, Viber, Facebook, imo, Skype etc.) facilitent et aident à faire vivre sa langue hors de ses frontières, dans la mesure où ils permettent de garder le contact immuable et fort malgré la distance, avec les proches restés dans le pays d’origine. Par ailleurs, ils permettent également d’adherer plus facilement aux groupes crées à travers ces réseaux d’appartenance ethnique ou tribale, à travers lesquels des ressortissants d’un même pays, région ou ethnie, se retrouvent et inter-agissent pour le bien de leur communauté. Certaines communautés sont très bien organisées hors de leurs frontières(Les Douala du et Bamilékés du Cameroun). Elles se regroupent en associations ou fédérations. En Allemagne, par exemple,  il existe l’Association des Ivoiriens de l’Allemagne du Nord à Hambourg, l’Association des Ressortissants de la Menoua (Cameroun) à Berlin, l’Organisation pour l’Amitié Chino-Allemande à Leipzig, Francfort et Berlin. Ces associations se sub-divisent encore en regroupements de Régions ou Villages: Association des Bafia de France à Paris, l’Amicale du Mbam de Berlin e.V. et Nkul Béti e.V. (e.V. qui caractérise la légalité des Associations qui sont toutes enregistrées à des tribunaux allemands).

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LA LANGUE NON VERBALE

D’autre part la langue non verbale est aussi un outil de communication encore utilisé de nos jours. On utilise encore le Tam-Tam dans le Sud du Cameroun pour véhiculer des messages au village; la fumée blanche au Vatican pour annoncer l’élection d’un Pape; la même fumée est aussi utilisée pour faire passer des messages des kilomètres à la ronde et seuls les initiés à cette culture parviennent à déchiffrer ces messages, chez les indiens d’Amérique.

En temps de guerre le drapeau blanc est utilisé pour signifier qu’on se rend ou pour marquer la fin des hostilités…

Une branche de palmier accrochée à un véhicule, est le signe qu’on se déplace pour un deuil dans toute la partie Sud du Cameroun, tandis que dans le Nord, un branchage de limier, suspendu à un objet, veut dire que cet objet est à vendre.

LA LANGUE ÉCRITE

La Langue écrite fait également partie intégrante d’une culture. Lorsqu’on évoque l’écriture, beaucoup de personnes ont tendance à penser qu’en Afrique il n’a jamais existé de systèmes d’écriture, il n’y a pas plus faux! L’écriture Africaine est une tradition millénaire détruite à petit feu et surtout… méconnue et désapprise. il existe sur le continent Africain plusieurs systèmes d’écriture, les plus connus étant:

  •  Les Hiéroglyphes, en Égypte, dont les manuscrits les plus anciens retrouvés datent d’environ 3100 ans avant Jésus Christ.
  • L’écriture Bamoun, au Cameroun, créée par le roi des Bamoun entre 1903 et 1916 (pour sa forme définitive), constitué de 466 symboles.
  • L’ écriture Bambara, au Mali, créée par Wayo COULOUBAYI en 1930. Elle comporte 123 caractères.
  • Le Wolof au Sénégal, fut créée par Asane Faye, le président du Mouvement des Enseignants africains de Langue, en 1960 à partir du système Arabe et Latin.
  • L’écriture Mende, créée en 1920 par Kisimi KAMALA en Siérra Léone…

Cette liste n’est pas exhaustive. Malheureusement, les langues écrites africaines ne figurent pas dans les programmes d’apprentissage en milieu scolaire, ce qui fait que beaucoup d’Africains et le reste du monde, ignorent même que ces écritures ont été inventées un jour.

 Il est important de connaître ses origines et par là même sa culture (langue maternelle, danse traditionnelle, coutume…), cela permet à tout individu de s’affirmer et de s’identifier par rapport à ses origines, et aussi par rapport à autrui.

Il ne suffit plus aujourd’hui d’être de telle nationalité ou de tel groupe ethnique, mais aussi de connaitre véritablement ses origines, ses coutumes, son potentiel pour pouvoir valoriser sa personne, son produit, son pays. Comment parler de la  République Démocratique du Congo, sans penser au Lingala, leur langue maternelle que ses habitants ont su vulgariser, magnifier et valoriser à travers le monde par des artistes de renom? ou encore, comment évoquer les Antilles sans penser immédiatement au Zouk et par là même à la langue créole? La langue en général, et maternelle en particulier, marque l’appartenance à un groupe, ethnique ou tribal, et met en exergue, la singularité, l’authenticité et la beauté de cet aspect de la culture d’un groupe, par rapport à un autre, et par rapport au reste du monde.

Vivre son appartenance culturelle et la transmettre, particulièrement au travers de sa langue maternelle à sa progéniture, est un acte qui manifeste une prise de conscience, de l’importance qu’a chaque individu dans sa culture, sur le potentiel intrinsèque qu’il possède, qui participent de son épanouissement personnel, dans le groupe et dans le monde.

À lire aussi:

http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/exode_rural/50492

http://www.jeuneafrique.com/33661/societe/la-mosaeque-linguistique-africaine-carte-des-langues-parl-es-sur-le-continent/

http://www.menoua-germany.com/

http://amicale-du-mbam-berlin.org/le-grand-mbam/

https://www.facebook.com/adinaallemagne99/

http://www.voyagesphotosmanu.com/langues_africaines.html

https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_langues_par_nombre_total_de_locuteurs

http://classes.bnf.fr/dossiecr/sp-afri1.htm

http://www.jeuneafrique.com/139070/culture/histoire-africaine-le-r-le-central-et-m-connu-de-l-criture/

http://www.afrikara.com/index.php?page=contenu&art=447http://www.grioo.com/blogs/DJIBRILCHIMEREDIAW/index.php/2005/10/19/484-ecritures-africaines

http://www.audiovie.org/linguistique/langues-africaines.htm

@L’Équipe.

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2 réponses »

  1. Mbolo a toi ma Bibiche.

    Les « autres » plus précisement les occidentaux ont un mal fou à nous suivre avec nos cultures, nos langues et s’embourbent dans leurs pensées. Pourtant c’est simple car tout comme eux avec leur identité, notre culture Africaine (nos cultures), c’est notre mémoire de peuple, la conscience collective de notre continuité historique, notre mode de penser et de vivre. Et nous la transmettons avec notre langue (nos langues) qui contient non seulement une forme d’éducation traditionnelle et culturelle, mais aussi des éléments constitutifs de notre société c’est à dire: la gestion des émotions et le code de politesse.

    Aimé par 1 personne

  2. Merci Daniel pour ce partage. Mais une question découle de votre commentaire et qui n’est autre que….Comment permettre aux occidentaux de nous comprendre, comprendre la culture africaine? Devons nous retourner à une nouvelle colonisation? Car nous savons tous que l’on apprend tous les jours et l’Afrique le berceau de l’Humanité.

    Aimé par 1 personne

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