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IMMIGRATION : QUELLE CONSTRUCTION IDENTITAIRE POUR UN ENFANT ISSU DE L’IMMIGRATION

De plus en plus d’enfants nés dans les pays d’accueil se retrouvent généralement obliges d’embrasser deux Cultures différentes. Face à ce métissage, ils se retrouvent parfois confrontés à certaines contradictions qui peuvent mettre leur intégration sociale à rude épreuves. De plus en fonction des choix de ces derniers et de leurs parents ces jeunes sont très souvent confrontés à des crises Identitaires volontaires ou non qui affecteront leur vie de façon considérable. Ainsi il est légitime de se demander : quelle construction identitaire à adopter pour ces jeunes issus de l’immigration?

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Sont généralement appelés enfants issus de l’immigration ces enfants ayant immigré très jeune ou ceux nés dans le pays d’accueil et ayant au moins un ascendant immigré. Plus communément appelées en français, personnes d’origine étrangères, dans certains pays comme la France où la définition s’étend jusqu’à la quatrième génération, ces personnes ne sont jamais par définition affiliées au groupe appartenant à la société d’accueil. Alors quelle identité possède ces enfants qui se retrouvent entre deux cultures ?

L’identité est constituée par l’ensemble des caractéristiques et des attributs qui font qu’un individu ou un groupe se perçoivent comme une entité spécifique et qu’ils sont perçus comme telle par les autres (prenons l’exemple de la diaspora). Ce concept englobe ainsi deux aspects qui sont l’identité Individuelle et l’identité sociale. En effet, L’identité personnelle est le produit de la socialisation, laquelle permet la constitution du « Soi ».  L’identité sociale quant à elle trouve sa signification dans les formes identitaires communautaires où les sentiments d’appartenance sont particulièrement forts (famille, culture, pays, ethnies…). Parler d’identité renvoie donc presque toujours à l’identité culturelle (veuillez lire notre article portant sur ce sujet).

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Parler d’identité culturelle renvoie à la notion de culture qui est un ensemble lié de manières de penser, de sentir et d’agir plus ou moins formalisées qui, étant apprises et partagées par une pluralité de personnes, servent, d’une manière à la fois objective et symbolique, à constituer ces personnes en une collectivité particulière et distincte. La culture est ainsi selon Tylor, ce qui est fait par l’homme, et ce qui existe comme ayant du sens dans une communauté particulière. Dans le souci d’approfondir cette définition, on peut dire que la culture, c’est aussi reproduire et représenter ce qui nous a été transmis, tout en intégrant ces éléments comme s’ils étaient nôtre.

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L’enfant, à sa naissance et qu’il y consente ou non, vit dans un cadre social déterminé. Par conséquent il acquiert, un certain nombre d’us et de coutumes, d’habitudes et de comportements qui sont propres au groupe social d’origine auquel il appartient. Et ainsi, en étant en constante interaction avec son groupe, il intériorisera les valeurs de ce groupe à ses propres valeurs et acquerra une identité culturelle. Nous pouvons cependant remarquer que beaucoup de jeunes issus de l’immigration, en plus de la culture de son pays d’origine, intériorisera aussi  la culture du pays d’accueil, on parlera dans ce cas d’acculturation (Adaptation d’un individu ou d’un groupe à la culture environnante), et se retrouvent parfois confrontés à certaines contradictions. Prenons l’exemple de la société africaine qui est essentiellement patriarcale ce qui signifie un statut culturel de supériorité du père, d’autorité du père, et face à cela s’oppose dans la culture du pays d’accueil un phénomène appelé féminisme (Mouvement qui prône l’égalité réelle entre les hommes et les femmes dans la vie privée et dans la vie publique).

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De ce fait, le jeune manifestera différentes attitudes :

  • L’assimilation qui constitue un cas extrême d’acculturation. En effet, elle symbolise le rejet par le jeune de sa culture d’origine. Ce sera le cas par exemple des jeunes filles se tournerons plus vers le modèle culturel leur offrant « plus de droit ».
  • La syncrétisation, le modèle d’acculturation le plus répandu, qui combinaison entre la culture d’origine et la nouvelle, c’est le métissage culturel. Le jeune construira sa propre identité à partir de stratégies identitaires qu’il aura élaboré lui-même en faisant une synthèse des différentes cultures.
  • Le multiculturalisme qui est la cohabitation de plusieurs cultures sans qu’il y ait de combinaison ou d’assimilation. Ce sera par exemple le cas des parents ayant immigrés ayant déjà leur culture.
  • La contre-acculturation, qui est le rejet et le refus de la nouvelle culture donc le retour à la culture d’origine. Nous observons ce type d’acculturation principalement dans les familles turques ou arabes.
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Remise par la ministre Najat Vallaud-Belkacem, des diplômes du baccalauréat à des élèves bénéficiant du dispositif « meilleurs bacheliers » , au Ministère de l’Éducation nationale, le vendredi 17 juillet 2015 – © Philippe DEVERNAY

Nous observons de plus en plus de nos jours notamment dans les familles métissées (un parent immigré et l’autre du pays d’accueil) un phénomène de déculturation forcée c’est-à-dire que le parent du pays d’accueil essaiera par tous les moyens soit d’empêcher l’autre parent d’inculquer sa culture aux enfants, soit de détruire celle-ci  si l’enfant l’a déjà intégré. Dans d’autres cas le refus, d’inculquer cette culture, est choisi par le parent immigré qui ne sait pas toujours comment enseigner sa culture à ses enfants. De plus, nous noterons que, la part des jeunes nés des deux parents issus de l’immigration qui rentre de temps en temps dans leur pays d’origine pour s’imprégner des réalités de pays d’origine est très élevée. À contrario, la part de ces enfants nés dans des foyers métissés qui rentre dans leur pays d’origine (même pour les vacances) est très faible voire quasi-inexistante. Ces enfants sont généralement les plus susceptibles de souffrir de crise identitaire. Car ces derniers n’ayant pas vraiment conscience de leur culture d’immigré, assimileront la culture du pays d’accueil se considérant comme appartenant à cette société. Et le rejet de ces jeunes par celle-ci notamment en leur rappelant leur statut d’immigré qu’ils rejettent, peut provoquer une crise existentielle.

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Nous conclurons en soulignant l’importance de toujours montrer à nos enfants (ou futurs enfants) d’où ils viennent afin de mieux savoir qui ils sont et puissent se construire une identité qui leur est propre.

Pierre C. Engama à Bediang & LA TEAM

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